LA TUE TRUIE

Voracité et métamorphose

Il est vraiment temps qu’elle raconte, parce que si elle ne raconte pas maintenant, bientôt il sera trop tard, et désolé-e pour les âmes sensibles. Se montrer, c’est risqué, il ne faudrait pas effrayer. Déjà qu’il y a de la boue partout et qu’elle n’y voit pas très bien. Tout a commencé quand elle était au chômage ; elle ne sait pas trop comment ça a démarré, mais elle avait pris un peu de poids, ça lui donnait une allure remarquablement saine , « pneumatique », elle avait un succès fou avec sa belle chair rose qui tirait sur les coutures de sa blouse. Certes, elle aurait pu comprendre ce qui se tramait quand elle s’est mise à manger les fleurs qu’on lui offrait, ou les marrons du parc à l’automne, ou quand elle a eu tellement d’envies qu’elle sautait sur les clients de sa parfumerie. Oui, elle se transforme en truie. 

… Et l’autre, à côté d’elle? L’autre, elle mange, elle dévore, affamée, tout ce qui passe à sa portée.

 

Création 2024.

Ecriture de plateau à partir des écrits de Michel Pastoureau, Marie Darrieussecq, et du travail de terrain.

Partenaires :  Conseil Départemental de la Haute-Garonne, Théâtre du Grand Rond (Toulouse),  L’Escale (Tournefeuille), Théâtre Jules Julien (Toulouse), Théâtre de Muret (31), Mairie de Carbonne, (31), CMCAS Toulouse Théâtre du Bazacle

 

Création : Alice Lacharme 

Distribution : en cours

Lumières : Guilhem Rivals