ANGÈLE (1975)

« C’est le début, Angèle ! C’est le début. »

Une femme dans la pénombre. Avec elle, une platine vinyle qui joue la bascule temporelle.

Cette femme c’est Angèle, on est en 1974. 

Depuis 1968, les mouvements sociaux changent la donne et transforment les vies de tous. Or cette nuit de novembre 1974, qui commence, sera décisive pour Angèle : ce qu’elle vient d’apprendre la bouleverse. En plein débat sur la loi Veil, sa fille Delphine, 16 ans, est enceinte et bloquée avec cette grossesse. Pour Angèle, l’Histoire bégaie et c’est intolérable : à quoi tient la liberté des femmes, finalement? Quand les mouvements de libération, d’émancipation, porteront-ils leurs fruits? Tout ce chemin dans l’histoire des femmes pour ça? pour en être encore bloquée à ce stade? 

C’est difficile, de changer. C’est difficile pour Angèle, c’est difficile pour tous de changer ses comportements, d’avancer, d’être en résonance avec son époque. Mais ce soir, pour Angèle rien de sa vie ne tient plus, et cette nuit qui commence sera décisive. Collée à la radio, elle qui n’est pas une militante, fait sa lumière et trace sa route tandis que le destin des femmes se joue au Parlement.

Angèle s’ouvre et c’est tout un monde qui déferle, ça parle d’une vie prise dans les tumultes des changements de société, ça parle de ceux qu’on aime et de ce qu’on construit, des mouvements sociaux qui changent la donne et comment se situer là-dedans, de ce que c’est que de trouver qui on est, des enfants qui arrivent et on doit faire avec, avec ce que ça porte de magnifique et de compliqué ! Au point qu’on ne sait plus si elle est d’hier ou d’aujourd’hui, Angèle… 

C’est sa vie à elle qui déborde, à Sète, une vie qui n’est pas dans les manuels d’Histoire ni les vidéos de l’INA, une saga de femme des années 60-70, amoureuse et débordée par sa vie de famille, qui vit totalement cette époque pas si lointaine, il y a à peine cinquante ans, où tout a changé pour les Françaises. Où la contraception, par exemple, a été une révolution. Où des femmes comme Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Simone Veil, ont changé la vie des femmes et ont posé les premières pierres de leur indépendance économique. Où la puissance des mouvements sociaux ont changé la vie des gens.

Plongée dans ce tumulte pas si lointain dont nous sommes tous, hommes et femmes d’aujourd’hui, les bénéficiaires. 

En 2021, alors que chacun se cherche dans un équilibre et oscille entre des envies et des rôles contradictoires, que nous connaissons de nouveaux mouvements sociaux, et que nous nous interrogeons tous sur la redéfinition des rôles hommes-femmes… il est puissant d’entrer dans ce qu’on écoute peu : le fond des êtres.

« Et puis, le malheur et le bonheur vont ensemble. C’est la même émotion. Si l’on en perd la forme noire, on perd aussi le reste. »

Hervé Le Tellier au Monde, février 2021

​Dispositif théâtre et vidéo

Durée : 1h10 

Création : Alice Lacharme et Frédérique Renda

Texte et Jeu : Alice Lacharme

Création vidéo : Frédérique Renda

Lumières : Guilhem Rivals

Musique : Joachim Sontag

avec la participation de : Harold David, Lucas Saint Faust

Extraits d’images : Y’a qu’à pas baiser / Carole Roussopoulos, Video Out, 1971 / Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Cette saison (2021-22) : 

14 novembre 2021 : Espace Roguet, Toulouse (31) – dans le cadre d’Artistes en scène /  + d’infos

19 novembre 2021 : Salle de spectacle de Montesquieu-Volvestre (31)

4 mars 2022 : La Laiterie, Saint Juery (81)

19 mars : Festival Nous-Vous-Elles “Le Printemps des Femmes”, Carbonne (31)

20 mai 2022 : Théâtre de Colomiers / + d’infos

12 juin 2022 : Jardins de Roques

 

La saison prochaine (2022-23) :

février 2023 : Théâtre du Grand Rond, Toulouse (31)

septembre 2023 : Pont de Claix (38)

 

Et celle d’avant (2020-21) : 

9 octobre 2020 : sortie de résidence au Théâtre Jules Julien, Toulouse – 10h et 15h

4 février 2021 : sortie de résidence au Théâtre de Muret, 15h

7 mars 2021 : La Reynerie, Toulouse – 15h – reporté

Partenaires :  Conseil Départemental de la Haute-GaronneThéâtre Jules Julien (Toulouse, 31), Théâtre de Muret (31), Mairie de Carbonne, (31), Mairie de Gentilly (94), Plateau 31 (94), Centre Simone de Beauvoir, CMCAS Toulouse Théâtre du Bazacle